Jeudi 5 juin 2008 à 20:19

Où, une fois n'est pas coutume, on la joue simple, avec une scène d'action que j'espère assez longue. Où, une fois n'est pas coutume, je n'ai passé que trois ou quatre jours sur ce chapitre. Où, pour une fois, le scénario est presque complet dans ma p'tite tête, mais vous n'apprendrez pas grand-chose dans ce chapitre-là. Où, encore une fois, c'est toujours le même qui avale mes peurs et fait de moi une hyène. Où définitivement j'arrêterai jamais les métaphores. Où je dois avouer que je suis foutrement fier de ce joyeux bordel qu'est cette histoire géante. Où je pose les faits dans le paratexte : Oui, cette histoire sera pas finie avant un an ou deux. Oui, j'arrête de dire que je fais sans cesse des clins d'oeil. Oui, j'écris cette histoire pour vous montrer qu'on peut tous être pardonnés. Et que j'espère que ce truc va vous faire kiffer autant que moi. Pour ça, mettez du son.

_____________________________________________________________________


J'étais parti dans ce monde parallèle pour retrouver mes amis. Sans la moindre idée d'où ils se trouvaient, ni comment tout ça s'était produit. Avec la seule certitude que tout ça n'est pas qu'un rêve, que nous sommes face à des choses qui nous dépassent.

C'est la meilleure façon que j'aie trouvé pour résumer simplement les faits. Et là, j'étais dans une version alternative de ma prépa. Rien n'a changé dans la forme. Mais le fond n'a rien à voir.
J'étais guidé par un démon à la peau rouge orangée et sombre, dont le corps est parcouru par des lignes noires et rouges de différentes épaisseurs, comme si elles avaient été tracées par des pinceaux plus ou moins épais. Je n'avais de cesse de poser des questions à Soda à propos des univers parallèles et des gens qui y vivaient, et je ne comprenais en général pas grand-choses à ses réponses.

Nous traversions toute la prépa, cherchant quelqu'un, n'importe qui, qui appartiendrait au même monde que moi.
A part le monstre que nous avions croisé en arrivant ici, la prépa était complètement vide.

Je me sentais aussi libre que prisonnier, aussi fort qu'inutile, aussi faible qu'intelligent. J'apprenais tellement de la part de Soda que je ne pensais même plus à ce qui m'attendait.

- Hé, on tourne en rond, là.
- Tu veux voir dehors, s'il y a quelque chose ?
- Bonne idée ! On pourra toujours manger une pizza.

Soda vient d'un monde avec des démons, des hommes au visage de chat, et des anges sans bouche. Mais ils mangent quand même des pizzas, et boivent les mêmes choses que nous.

- Tu crois que je pourrais prendre un truc à boire, avec ?
- Bien sûr... Mais il n'y a peut-être personne dans la rue non plus...

La grande porte du lycée était fermée. Je suis allé dans la petite pièce qui sert d'acceuil pour la déverrouiller, en écoutant Soda fantasmer sur son repas.

Et derrière la porte, c'était un sacré spectacle.

Des dizaines de monstres, comme celui qu'on avait croisé tout à l'heure, se baladaient dans la rue. J'ai même pas pu crier, mon coeur battait trop fort.

Les stries sur le corps de Soda étaient devenues brillantes. Il eut un sourire et se jeta dans la foule sans prévenir. Il sautait sur les monstres, bondissait dans tous les sens, beaucoup trop vite pour que je puisse tout comprendre.

Les monstres non plus ne comprenaient pas, puisqu'ils tombaient un par un, parfois deux par deux, sous les coups de Soda.

Je restais là sans rien dire, sans rien faire.

Les monstres venaient par vagues, et il en arrivait sans cesse, à tel point que Soda fut littéralement submergé par ces créatures plus grandes que lui.
Perdu dans un fatras de corps et de bras emmêlés et monstrueux, Soda avait disparu.

Que faire ? Lui venir en aide ? En espérant qu'il ne soit pas mort et qu'on puisse s'enfuir ? Je suis incapable de marcher, et en plus, je ne peux pas me battre contre des trucs pareils...

Et s'il était mort ? Que faire ? Et comment retrouver les autres ?

J'en étais là de mes réflexions quand un cri déchira le ciel.
Tout s'assombrissait, et des ondes rouges et noires dansaient en l'air et convergeaient vers Soda.

Le ciel se déchira à nouveau.

Soda était à nouveau debout, entouré d'une énorme aura noire et rouge, qui l'enveloppait et tournait autour de lui, se déformant dans tous les sens pour déchirer les monstres à une vitesse folle.

Bientôt, ils reculèrent, établissant une sorte de périmètre de sécurité tacite entre eux et Soda.

- Hé !! Dépêche-toi ! Viens avec moi !!

Soda était à une vingtaine de mètres de moi, et il semblait plus fort que jamais. Les espèces de pointes qu'il avait derrière les oreilles en temps normal étaient devenues des cornes et une paire de grandes ailes noires avait déchiré sa chemise. Les mains dans les poches, il marchait calmement vers les monstres, qui tentaient de fuir sans résultat.
J'ai fait un effort énorme pour bouger et me dépalcer vers Soda. Tous les muscles de mon corps étaient trop mous et trop tendus à la fois. Je me sentais complètement inutile.

- Viens !

Je me battais contre moi-même pour avancer, évitant au maximum de penser à ce qui était en train de se passer sous mes yeux.
Au moment où j'entrai dans le no man's land entre Soda et les monstres, je réalisai l'ampleur de la scène.

Les monstres venaient de partout, de toutes les rues environnantes, et, même si Soda se battait de plus en plus sérieusement, je doutais fortement qu'il puisse tenir longtemps face à ces vagues apparemment inépuisables.
Il se faisait derviche tourneur, faisait tomber les écorchés par dizaines, mais il en arrivait à chaque fois bien plus qu'il n'en tuait.

Le no man's land rétrécissait, et je me retrouvai paralysé de peur face à ces monstres. Incapable de crier ou de comprendre ce qu'il se passait.

L'un d'eux me faisait face, me dominant de toute sa hauteur. J'avais peur. Peur d'être écrasé par un monstre dont la simple existence me dépassait. Peur du bras qu'il avancait vers mon visage, en équilibre sur l'autre, dans une posture aussi ridicule que terrifiante. J'avais peur.

_____________________________________________________________________

Tout ça n'est qu'une histoire de point de vue. _____________________________________________________________________


Le bras du monstre est tombé à mes pieds, dans un bruit d'os brisés. Tranché net par un gros sabre tombé du ciel qui s'était planté dans le sol.

Sans réfléchir, j'ai attrapé le sabre et l'ai sorti de la route où il s'était planté. Il était plutôt léger pour une arme aussi grosse. Je me suis mis en garde du mieux que j'ai pu, et bien que j'aie un niveau assez honorable en Kendo, elle n'était pas si convancante que ça.

J'ai levé le sabre au-dessus de ma tête du plus vite que j'ai pu et je l'ai abattu de toutes mes forces sur la tête de l'écorché. Elle n'était pas plus grosse qu'un ballon de hand, et elle partit en arrière, faisant vaciller le monstre.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- J'en sais autant que toi ! Mais profites-en !

C'était pas évident.

_____________________________________________________________________

Allez, arrête de réfléchir, Kepa...
_____________________________________________________________________


J'ai repris une garde un peu plus stable et j'ai foncé dans le tas sans réfléchir. Les rafales de magie de Soda faisaient des ravages dans les lignes, plus besoin de penser. Plus je frappais, plus mes coups étaient puissants, et plus je prenais confiance en moi à mesure que les corps déshumanisés tombaient.

Plus de peur.

Même pas de haine.

Juste l'instinct que je devais casser ces monstres pour pouvoir m'en sortir. Que ces saloperies me barreraient toujours la route et qu'il ne serait jamais question de fuir.
J'avais beau être beaucoup moins fort et expérimenté que Soda, j'avais l'impression que les monstres disparaissaient beaucoup plus vite depuis que j'avais commencé à me battre. On pouvait s'en sortir.

Le tumulte du combat se calma peu à peu. Les écorchés ne venaient plus, et tombaient de plus en plus vite. Bientôt, la rue fut complètement vide, et un silence lourd s'installa.

La nuit tomba d'un seul coup, à mon grand étonnement, et la lame de mon sabre se mit à briller d'une lumière vive avant de disparaître de ma main.

Choqué par tout ce qui venait de se passer, je me tournai vers Soda, qui avait repris son apparence habituelle.

- Qu'est-ce que c'était que tout ça ?

- J'en sais rien, j'en ai aucune idée... T'es pas blessé ?

- Dis-moi ! C'était quoi, ces monstres ?!

- C'est juste des monstres. Mais c'est pas normal qu'il y en ait eu autant. Vraiment pas normal. D'habitude, il n'y en a que quelques-uns, quand il y en a. Et je sais pas ce que foutaient ceux-là dans cette strate...

- Je comprends rien...

J'étais complètement largué. Des monstres dans une ville fantôme, une épée qui apparaît dans ma main, un combat incroyable contre des dizaines et des dizaines de monstres énormes, le tout à côté d'un démon qui brille dans le noir.

Et en plus, je pense n'importe comment. Je dois sûrement devenir fou... Avoir vu le monde s'écrouler, ça vous change un homme. Quoique je n'ai pas vu ce monde détruit de mes propres yeux. Peut-être qu'il existe toujours ?

- Ecoute, mon pote. Il y a un truc qui cloche. Ca fait des années qu'on vit comme ça, dans les strates, et sans gros problème. Normalement, les monstres n'apparaîssent que dans des strates spécifiques, qui ne sont pas accessibles à n'importe qui. Et là, je sais vraiment pas ce qui se passe. En toute logique, tes amis sont ici. A moins que le truc qui cloche soit vraiment plus sérieux que je l'imagine...

Il commença a lever le regard et sembla réfléchir.

- C'est quoi le problème auquel tu penses ?

- Beeeeen... Peut-être que tu es mort.





Par luust le Jeudi 9 octobre 2008 à 21:48
Bon matin ami blogueur.

Alors, malgré un commentaire qui "pue du cul", je reviens joyeusement trainer dans tes schizophrénies. En fait, j'ai pas grand chose d'autre à foutre, enfin rien qui me tente vraiment. J'ai rien que mon ordinateur et une vieille boite de thon à portée de main. Alors, voilà. Jsuis là.

Et je relis tes histoires, parce que y'a toujours quelque part une jolie phrase qu'on a pas vue et qui fait plaisir à lire.
En tout cas, ça dépote plus que Proust -si jpouvais le descendre celui là, comme j'ai reglé leur compte à tous les philosophes des Lumières...

C'est juste pour te préciser, aussi, que maintenant je vais BIEN. Je fais juste une overdose des cours, de mon appart', et d'une ville que je connais pas. Mais tout le monde passe par là, et tout le monde s'y fait.
En tout cas je finirai pas comme la fille dont tu arrêtes pas de me parler, et que je connais même pas.

Enfin, dans tout ce que tu m'as dit, je garde quand même le côté Blade Runner :)

Sinon, une question me gratte le dos : t'étudies quoi à la fac?

Joyeux 14 Juillet et soigne bien ton lapin.
Par Vicomte le Lundi 10 janvier 2011 à 16:23
"d'acceuil", "dépalcer" et "convancante" :D Ouais j'suis content de moi sur ce coup, je t'ai trouvé assez de pain pour ton p'tit dej' :D Ne me remercie pas, tout le plaisir est pour moi. Et si je pouvais avoir de la confiture aussi.
Par http://www.handifanclubom.fr le Mercredi 15 juin 2016 à 9:33
J'étais parti dans ce monde parallèle pour retrouver mes amis.
Par http://www.otamago.fr le Jeudi 11 août 2016 à 11:02
Et que j'espère que ce truc va vous faire kiffer autant que moi. Pour ça, mettez du son.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://siko.cowblog.fr/trackback/2584609

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast