Lundi 9 juin 2008 à 17:42

Où on retrouve le deuxième personnage qu'on avait laissé devant un fauteuil qui se retrournait. Bon, il a un peu pris la poussière, et vous l'avez sûrement oublié, depuis le temps, mais il s'agit de Sébastien, qu'on avait laissé à la fin du chapitre 6 avec un flingue dans la main.

_____________________________________________________________________


Le fauteuil me faisait face, d'un rouge éclatant de propreté. Il n'y avait rien d'autre dans la salle. Les murs étaient aussi rouges, mais paraissaient presque ternes par rapport à lui. Une étrange musique emplit la pièce. Douce et mélodieuse, triste et accaparante. Je me sentais seul comme jamais. C'était pourtant trop réel pour un rêve.

Plus la musique progressait, plus la solitude montait, dans une intensité émotionnelle insupportable. Je m'assis sur la chaise et remarquai une bosse dans ma poche.

Un flingue. Le flingue du malabar de la sécu. Je savais même plus pourquoi je l'avais ramassé.

Je me levai de la chaise et j'ai observé les murs, à la recherche d'une quelconque sortie cachée ou un truc du genre.

Rien. Pas la moindre fissure dans le mur. Une musique calme et belle emplit soudain la pièce, du genre que je ferais écouter à mes enfants si jamais un jour j'en avais.

Merde. J'vais finir par étouffer et mourir ici, si ça continue. Impossible que ce soit un rêve, tant ces notes magnifiques m'emplissent la tête, faisant couler les larmes d'elles-mêmes, depuis le fond de mon âme.

Le bonheur de la tristesse m'envahit. L'envie de ne plus être moi. Assez de ce personnage stupide qui me fait cavaler malgré moi n'importe où. "Sébastien, la seule chose qu'il sait faire, c'est la musique. Autant dire rien." C'est ce que pensent mes profs depuis le lycée, et ils se sont rarement gênés pour me le dire. Peut-être qu'au fond, ils avaient raison.


"Si tu cherches un abri inaccessible, dis-toi qu'il n'est pas loin... Et qu'on y brille...
 A ton étoile"

J'ai aucune sortie. Les issues de secours ne mènent nulle part.
Mais tant pis.

Je me suis rassis et j'ai contemplé le flingue dans ma main. Assez gros pour être lourd et assez lourd pour être chargé.

Je l'ai pointé sur ma tempe. J'ai appuyé sur la détente.

J'ai rencontré pour la première fois Solenne à 5 ans. On était voisins et on avait pris l'habitude de jouer ensemble. Un jour, j'avais cassé un de ses jouets sans le faire exprès, et elle avait pris ma défense en disant que c'était de sa faute. Elle s'est faite engueuler à ma place et ne m'en a jamais voulu. Au contraire, on est devenus inséparables : plus on grandissait et plus on était proches, comme deux frères et soeurs.
On ne s'était jamais posés la question de savoir qui était le grand, et qui était le petit, mais quand sont arrivées les années lycée, la question n'avait plus aucun sens. Je n'ai jamais été jaloux quand elle a eu un petit copain, peut-être parce que personne ne  la connaissaient aussi bien que moi. Elle était la seule personne pour qui j'avais vraiment de l'affection.
Quand mon père est mort, j'ai passé deux jours entiers à pleurer dans ses bras.

Mais il y avait ces rêves qui revenaient toujours, depuis si longtemps. Toujours la même fille, qui me rendait heureux l'espace d'une nuit. Je n'ai jamais vu son visage.
Inconsciemment, j'ai dû y poser celui de Solenne, la seule fille que je voyais régulièrement, et qui me connaissait par coeur alors que tous les autres m'ignoraient.

Je m'en foutais, de toute façon, ils m'intéressaient pas.

Plus tard, Solenne a rencontré Dan, alors qu'on cherchait des membres pour monter un groupe. C'est comme ça que s'est formé ma deuxième famille.
Je passais la moitié de la journée à la fac, l'autre moitié avec ma mère, et mes soirées avec eux.
Bien souvent, ma mère me pressait d'aller répéter, de pas perdre mon temps avec elle, tentant de me faire croire qu'elle allait bien et qu'elle n'avait pas besoin d'autant d'attention.

Tout ça allait bientôt être fini. Je quittais lâchement ce rêve par la seule issue possible. Je m'enfuyais en silence, hors d'haleine et hors d'atteinte.

Je vous aime, tous autant que vous êtes. Et vous allez me manquer.

Ce rêve...

Notre première répète, la première d'une longue série, puis les galères pour démarcher des concerts, qui, un par un, de plus en plus beaux, devenaient ma drogue, ma raison d'être.

Ce rêve... Toujours la même musique. Toujours la même chanson.

"As soon as you came here, all the beast waved away. They notice that you're warm, wait till you leave and come back for more..."

Je crois que c'est ça, les paroles de Deathblow. Elles tombent bien.

Je dis n'importe quoi. "I'm so tired... Sick."

Et voilà Fist. Hé ben. Je deviens fou.

Le tout en un millième de seconde pour voir un échantillon des principales choses qui m'ont amené ici.

La balle percute mon cerveau et je m'endors une dernière fois.


Les issues de secours ne mènent jamais nulle part.

Par chase le Mercredi 11 juin 2008 à 14:46
nan c'est pas vrai, t'es pas fan de Deftones toi!
Par Avale-Moi le Jeudi 12 juin 2008 à 1:08
Non je proteste. Tu n'es pas un petit con.
Je suis tout à fait d'accord sur ta conception de la vie et de la recherche d'un but. De toute façon, on arrivera toujours quelque part même si l'arrivée est différente de celle qu'on attendait.
Bref', concernant mon oral, je ne suis finalement tombée ni sur Giono ni sur Voltaire mais sur Phèdre de Racine. Bien entendu le seul texte que je n'avais pas retravaillé pour cause de perte du cours.
J'ai envie de dire qu'on verra la note, mais en fait je crois que je n'ai pas envie de la connaître.
Tout ça pour dire que j'ai eu une grosse pensée pour toi pendant ma préparation puisque celui qui passait avant moi est tombé sur Giono :).

Sur ce. Bonne nuit. <3
Par Avale-Moi le Jeudi 12 juin 2008 à 16:29
Le bac de français étant une épreuve que l'on passe en première je pense que c'est normal que la plupart n'aie que seize ans. Et puis pour ma part je suis à moins d'un mois de mes dix-sept donc...

Je suppose que je dois prendre le "des commentaires énormes et très pertinents" comme un compliment =).
Ce blog est en quelque sorte un blog de substitut. En fait, mes amis n'ont pas mon blog, je l'ai fait pour les gens que je côtoie sur le 'tchat' de cow. A vrai dire je crois que j'avais besoin de changer d'air, de parler à des gens que je ne connais pas, qui ne m'ont jamais vu et qui ne peuvent donc avoir aucun préjugés sur moi. Et puis ici je suis une des plus jeunes sur le tchat donc je pense que c'est bon pour ma maturité (Ou pas..). Enfin bref, tout ça pour dire que je n'ai pas envie de dévoiler ma vie avec de longs textes, les gens ici n'ont pas besoin de savoir qui je suis, si jamais ils veulent me découvrir ils n'ont qu'à prendre mon adresse MSN.

Et oui j'allume mon cerveau sur le blog des autres. Non, en fait j'allume mon cerveau seulement sur le tien.

Bonne soirée. <3
Par luust le Mardi 30 septembre 2008 à 21:54
Bien le bonjour.
Alors comme ça tu pars, sans cérémonie, sans gâteau d'anniversaire, sans feu d'artifice, sans rien...
J'ai envie de dire : tu vas bien? tu vas bien? Comment se passent les trucs cons, les cours, les weeks ends, les lundis et les mercredis et tout ça?
Il faut que tu racontes des histoires. On manque de raconteurs d'histoires.

Bon appétit et joyeux noel.
Par Vicomte le Lundi 10 janvier 2011 à 16:30
"La contraddiction à la vie." Je viens de m'auto-foutre le doute en me disant que c'est peut-être un néologisme à base d'addiction, mais j'ai du mal à discerner le sens de la phrase, auquel cas ça passerait pour de la poésie - hum. Mais comme j'ai que ça à me mettre sous la dent, t'as fait une faute s'tout. Ouais, moi aussi je suis despotiste. Avec une tendance oligarchique quand je suis d'humeur sociable, mais.
Par http://www.bybloscitadelle.fr le Mercredi 15 juin 2016 à 9:33
J'étais parti dans ce monde parallèle pour retrouver mes amis.
Par http://www.gentitfx.fr le Jeudi 11 août 2016 à 11:01
Dans le paratexe duquel il y a une vanne absolument improbable.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://siko.cowblog.fr/trackback/2588854

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast