Samedi 29 novembre 2008 à 23:58

Dans lequel il n'y a pas encore de point de vue extérieur, mais le monsieur y travaille.
Dans lequel les révélations se cachent entre les mots, pour celui ou celle qui aime chercher et réfléchir quand vient la nuit.
Avec lequel je mériterais de me faire taper sur les doigts pour tous les clins d'oeil. Après on va dire que j'ai aucune originalité, ce qui sera absolument exact.

En attendant le retour ancré et définitif de ma muse, je vous laisse apprécier (si vous y arrivez) ce chapitre.

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J'ai toujours rêvé d'une vie normale à base de câlins le matin et de steack-frites au restau U à midi, d'opérations refaisage de monde au bar le soir et de fausses prises de têtes pour savoir si le Mc Do vaut mieux qu'un kebab (enfin lequel des deux empoisonne le moins, c'est vrai, ça, c'est une question importante...).

J'ai toujours rêvé d'une vie à base de révisions pour se mettre la pression, pression qui nous fera avoir nos exams, exams qui nous trouveront un boulot, boulot qui nous permettra de nourrir nos enfants, enfants à qui on repassera nos gènes et notre flambeau, qu'on s'efforcera d'aimer du mieux qu'on peut, même si c'est pas toujours facile d'aimer, hein ?

Quand elle est entrée en scène, une partie de moi continuait d'espérer que cette «vie normale» rentrerait en scène un jour.


C'est mon côté innocent.


Je me suis jamais plus senti seul depuis. Plus jamais. J'en avais même oublié pourquoi je voyais son père depuis tout ce temps.

Drôle de coïncidence, d'ailleurs. Mon psy fait aussi «père de la fille de mes rêves». Il fait pas aussi dépôt de pain le dimanche, desfois ?


Y'a pas de hasard.

Mon esprit s'éclaircit. Doc m'a appellé la veille de la fin du monde. Il a dit des trucs bizarres. «Vous serez là» je crois, ou quelque chose dans ce goût-là. Il savait que ça allait se passer comme ça ? Non, peut-être pas, en tous cas il savait que quelque chose se préparait. Ou il le sentait. A moins qu'il m'ait menti et qu'il soit au courant d'absolument tout. Peut-être même que c'est lui qui a tout orchestré ?


Non, là, je psychote trop.


Quoiqu'il en soit, ça expliquerait que Solenne ait pas été impressionnée par les monstres.
Ni par le fait que j'étais parfaitement capable d'éclater ces mastards par rangées de douze, moi qui n'ai jamais été très fort.

C'est vrai, quoi, au collège, il fallait être barraqué comme Vent d'âme pour plaire aux filles, au lycée, il a fallu les impressionner et moi... je brûle à volonté et ça impressionne même pas ma copine. Quelqu'un m'explique ?


Siko avait raison, elle me cache quelque chose...


Il a aussi parlé des humains et de leurs pouvoirs... et puis merde. Je m'étais promis de pas réfléchir avant de l'avoir retrouvée.


 - Allez, viens mademoiselle.

Ouais, je suis taré, je débloque complètement, je parle à ma basse comme si elle pouvait me comprendre. Mais si tout ça n'est qu'un trip dirigé par un mec un peu fou qu'on peut appeler Dieu si ça nous chante, ben alors je trouve ça plutôt logique de discuter avec mon instrument.

Mais c'est tellement réel.


Alors que sont devenus Aurélien, Seb, Pierrot et Kepa ? Où sont-ils ?
Et les autres ?


Merde. Allez, je pense plus, je fonce.


Le campus est embrumé comme un lendemain de cuite. Ou comme l'esprit d'un môme de quatorze ans qui s'apprête à parler à la fille qu'il aime.

Ouais, ça revient à peu près au même. On y voit rien, ici... Heureusement, j'ai toujours mon super-briquet sur moi ! Ouais !

Bon, je reconnais que le fait de pouvoir me déguiser en Torche-man ça m'arrange bien, là...



C'est désert de chez désert. Un peu comme un lendemain de cuite et tout ça.
La musique étrange et magnifique que j'ai déjà entendue s'élève progressivement dans l'atmosphère. On se croirait presque dans Silent Hill.


Silent Hill, hein ?


Hahahaha... J'avais piqué le 3 à Kepa, et au moment de lui rendre, Solenne s'y était intéressée. De près. Du coup j'ai pas pu lui rendre le jeu avant qu'elle l'ait fini deux fois.


Hahahaha... ouais, en fait j'aurais presque pu l'avoir, ma vie normale. Hahaha...


Je me suis mis à rire en regardant le ciel brumeux.


C'était beau... une de ces beautés calmes et sans couleur.


A force d'errer, mes pas m'ont mené devant une cafétéria. Avec un peu de chance, y'aura de quoi m'éclaircir les idées, là-dedans.


Je suis entré. La porte grinçait légèrement. A part le contour de la porte qui était rouge, tout le reste de l'édifice était monochromatique. Du gris, moche et terne.


C'est drôle. Cet endroit si familier me paraît maintenant complètement étranger.


Je me suis baladé du côté du self. Pas le moindre steak dans les bacs. Pas de plateaux, de couverts ni même d'assiettes.


Bon, là, c'est désert, mais le côté snack est peut-être un peu mieux foutu ?


Hum... Pas grand-chose. La machine à café à l'air de fonctionner. Et il reste une chocolatine côté viennoiserie.


Je me demande quelle heure il est. Machinalement, j'ai sorti mon portable. Tiens, j'ai un message. C'est Solenne. «Pardonne-moi. Je t'aime.»


Moi aussi, mais pourquoi pardon ?


Mouais. On verra ça en temps utile.

Je vais finir par acheter des patchs pour arrêter de me prendre la tête.


La chocolatine me remplit le ventre et le café me réchauffe le coeur. Y'a toujours une solution à tout... Je me suis dirigé vers une table avec le même pas détaché que dans le monde réel. C'est vrai, ça change pas tant que ça, et en même temps, c'est radicalement différent.


Mes phrases veulent rien dire et je m'emmêle les pinceaux avec les concordances. Whooo, est-ce que je deviens fou ? Peut-être que tout ça n'est qu'une hallucination consciente ? Peut-être qu'en fait je suis encore au lit avec Solenne et que je fais ce rêve parce qu'on s'est encore envoyés un peu trop haut dans les étoiles... ?


Ouais, si j'me mets à penser ça, c'est que je suis vraiment dingue... définitivement !


J'ai pris une autre gorgée de café en riant. Ouais, c'est franchement cool, si c'est un rêve...

J'ai fermé les yeux pour mieux apprécier le café. D'étranges formes dansaient sur mes paupières, je me sentais pas trop mal.

Quand je les ai rouvertes, mes lunettes étaient pleines de buée. Je les ai retirées pour les nettoyer et là, un truc géant m'a aspiré. Un truc qui n'était pas réel. Ou en tous cas pas physique. Une sensation qui s'imprimait sur mon âme et pas sur mon corps.

J'ai pris peur et remis mes lunettes en vitesse.

Le self était rempli de gens et de bruits. Des tonnes de monde.

Hé, merde ! Ma basse ?! Elle est passée où ? Et depuis quand elle est plus là ? Je suis entré avec, non ? Si ?

Je sais plus.

Merdeeeeeuuuh.


-  Je peux m'asseoir ou t'attends du monde ?
Hein ?


Il y avait une fille devant moi, avec un café. Le seul truc qui cloche, c'est qu'elle n'a jamais mis les pieds à cette fac auparavant. Qu'est-ce qu'elle fout là ?

Elle me toisa sans mépris.

-   Si tu préfères, je me casse direct, ça nous évitera à tous les deux une belle prise de tête.
-   Non, attends. 
-   Je suis sûre que tu te souviens même pas de moi, en plus...
-   N'importe quoi !


Sonia, mon amie aux yeux bleus et à la chevelure d'or a 6 mois de plus que moi et un signe particulier : un sale caractère qui fait que je l'apprécie autant qu'elle m'énerve. Cette fille est un peu comme ma soeur. Et ça fait une éternité qu'on s'est pas parlé.

Elle s'est assise sans me quitter des yeux.


-      Hey, frérot, ça fait quand même un bail...


Qu'est-ce que je te disais ?


-     Ouais, c'est vrai, depuis que tu m'as viré de ta vie, ça doit bien faire deux ans. T'as une conception bien personnelle de la famille, toi...

-     Et toi t'es du genre lourd et envahissant quand t'es trop malheureux. T'as une tendance à te détester qui tourne à l'obsession.

-     T'es pas la première à me laisser tomber pour ça, t'inquiète pas. Mais bon, j'en attendais un peu plus d'une soeur, quand même...

-     J'ai jamais dit que j'étais quelqu'un de bien.


J'ai gardé le silence et je l'ai regardée. Son visage était moins souriant que la dernière fois que je l'avais vue. Elle était moins maquillée aussi. Elle croisa mon regard et ses jambes, puis se gratta.

-    Tu sais ce qui se passe ? me demanda-t-elle.
-    Non. Je sais juste que c'est pas un rêve.
-  Pourquoi y'a tous ces gens ?
-  Ils étaient pas là tout à l'heure.
-  Quoi ?
-  Tu veux dire que t'étais là aussi ?
-  Ouais, j'étais aux toilettes.
-  Et t'étais où avant ?
-  A la maison. J'ai même pas eu le temps de finir mon spliff.
-  Ca t'apprendra.
-  Gnagnagna, monsieur est toujours blanc comme neige, hein !
-  Absolument.


Elle éclata de rire.


J'ai risqué un «tu les as vus ?»


-  Tes poils de cul ? Non...

-  Abrutie, je parle des monstres dehors !!


Elle rangea ses vannes et me regarda avec un sérieux inhabituel.


-  Alors c'était ça ?

-  Quoi, «ça» ?

-  J'ai croisé une drôle de forme, fine et élancée, tu vois ? Dans la brume, je l'ai pas bien vue, je savais pas trop ce que c'était. Mais ça ressemblait pas trop à une étudiante.

-  Merde.

-  Donc, y'a des monstres dehors.

-  Et ça t'étonne pas plus que ça ?

-  Non... En même temps j'suis un peu grise, là.

-Ouais... Je vois le truc. Est-ce que tu te souviens de ce qu'il s'est passé avant que t'arrives ici ? Y'a rien eu d'inhabituel ?

-  Je sais pas. Maintenant que tu le dis, peut-être que la maison s'est effondrée. Mais c'était peut-être juste le spliff, il était presque pas coupé...


Ok, ma soeur croyait planer jusqu'à la Jamaïque et en fait elle a atterri ici. Elle doit être sacrément déçue du voyage...


-  Hé, à quoi tu penses ? Qu'est-ce que tu regardes ?
-  Rien, rien...

-  Dan, merde ! Tu me caches quelque chose. J'suis peut-être défoncée mais j'suis loin d'être aveugle.


J'ai bu une autre gorgée de café.


A chaque fois que tu fais cette tête-là, c'est que tu réfléchis à plein de trucs à la fois. T'essaies de te donner un air neutre mais en fait t'as l'air tellement soucieux que ça doit pas tromper grand-monde...


Je me voyais mal lui dire que j'étais devenu un chaud lapin au point de pouvoir lui allumer ses joints avec un seul doigt.

Je me voyais mal lui dire que ma basse s'était révélée du genre incassable, trouvé un nom, et qu'elle avait disparu je ne sais où.

Je me voyais mal lui raconter la discussion avec Siko, dans le bar.

Je me voyais mal lui raconter le concert qui avait précédé tout ça. Ni les deux jours qui avaient précédé ce concert.


Alors j'ai rien dit.


- Arrête. Ca marche pas avec moi. Laisse tomber et dis moi la vérité.


Si je lui dis ce que j'ai vu, est-ce que ça la mettra aussi en danger ? Est-ce qu'elle disparaîtra elle aussi dans un miasme venu de nulle part ? Comme Solenne...


Solenne...


Bordel où es-tu ?


- Dan. Tu vas me dire tout de suite ce qui se passe.


Avant que j'aie pu décider entre lui dire la vérité ou détaler comme un lièvre pour aller chercher ma Solenne, un pan entier du mur de la cafet explosa littéralement. J'ai même pas eu le réflexe de plonger sur Sonia pour pas qu'elle se prenne les débris. J'ai assisté à la scène comme un gros con. Un bloc de béton de la taille de la table lui tomba dessus.



- SONIA !!


J'ai rien pu dire de plus intelligent.


Non, putain, c'est pas vrai... Il avait fallu la fin du monde pour qu'on se reparle, et là...


Un énorme singe rouge et noir a passé sa tête par le trou qu'il venait de faire dans le mur.


- SALOPERIE !


Aucune réflexion, 3 de Qi et 15 ans d'âge mental, j'ai foncé sur le singe qui devait bien faire 2 ou 3 mètres de haut.

La somme de tout ça me vaudrait au moins un double zéro de conduite.


Le feu a accompagné ma folie et s'est mis à courir sur ma peau. J'étais Super Torche-man et j'étais sacrément vénère. Mon bras droit brûlait beaucoup plus que le reste, bizarrement.

J'en ai profité pour attaquer le bestiau, d'autant que le feu me donnait une sacrée allonge.


Le singe a reculé en hurlant. J'avais brûlé un de ses yeux.


- CA, C'EST POUR SONIA !!
 

A ma grande surprise, le singe me répondit. Et pas d'une voix super grave comme dans les blockbusters hollywoodiens. D'ailleurs, si on avait été dans ce genre de films, j'aurais sauvé Sonia d'une manière ou d'une autre. Et les losers de mon espèce ont pas leur place dans ce cinéma-là.


- Salut, Dannie.

- Hein ?
- J'ai dit «salut, Dannie».


Je me suis calmé d'un seul coup.


- Tu n'aimes pas les gens, hein ? Misanthrope !


Il m'a carré son poing dans les dents. J'ai volé sur une belle dizaine de mètres. Le feu s'est concentré sur mon dos à l'atterrissage. J'ai pas eu trop mal, à ma grande surprise.


- Tu n'as même pas remarqué qu'ils avaient disparu d'ici ! Idiot !


Il m'a tapé une seconde fois. Le feu m'a protégé, encore une fois. Mais ça veut pas dire que je l'ai pas senti passer.


- Et, pire encore, tu n'as même pas réalisé que tu l'avais abandonnée !

- De qui tu parles ?


J'ai attrapé son poing au moment où il a essayé de le me le foutre sur la tronche. Ca le brûlait mais il résistait quand même.


- Tu l'as tuée, espèce d'enculé !

- Oh ? Nous ne parlons vraiment pas de la même personne, Dannie.


La fureur m'aveuglait. J'arrivais pas à comprendre s'il parlait de Solenne ou de Sonia. Le feu brûlait de plus en plus. Le singe a rugi et a reculé tout en me mettant une patate qui m'a cloué au sol.


Ca fait trop mal, putain...


J'ai bien galéré comme il faut pour me relever.


- Rassure-toi, Dannie, ou tu ne tiendras pas.

- T'as tué ma soeur, salopard !


Il ouvrit grand les bras. Des lettres rouge sang sur sa poitrine formaient les mots «Free Hugs».

Lol...


Comment le sais-tu ? Tu n'as même pas vérifié, Dannie !


Je lui ai balancé une boule de feu à la tronche.


- Tu n'es pas très gentil avec moi...


J'étais encore plus furax qu'un lendemain d'élections.

Il a allongé le bras pour me frapper, j'ai esquivé et coincé son bras dans une sphère enflammée. Je sais pas trop comment je l'ai fait, mais je l'ai fait.


- Maintenant, tu m'expliques.

- Quoi ? Je t'explique quoi, Dannie ?


Il avait presque l'air gentil.


- Toi. Qu'est-ce que tu es ?

- Rien de plus qu'un reflet, Dannie. Je ne suis rien de plus qu'un reflet.

- Et tu reflètes quoi, hein ?

- Hahahaha... Mais toi, bien sûr.


J'ai même pas eu le temps de réagir à ça qu'il avait déjà disparu.

La cafet était de nouveau vide et des larmes coulaient le long de mes joues alors que je courais vers l'endroit où se trouvait le cadavre de Sonia. Avec l'énergie désabusée de la savoir morte, j'ai soulevé le morceau de mur pour me retrouver nez-à-nez avec un rouleau de papier-toilette.


Merde.


Qu'est-ce qu'il s'est encore passé ?

J'ai filé aux WC comme du vent dans une cage d'escalier. J'ai ouvert toutes les portes à la volée pour constater qu'aucun rouleau ne manquait à l'appel.

J'ai respiré un grand coup pour me calmer.

Plusieurs grands coups, en fait.

Qui sait ? J'aurai peut-être plus de chances avec les toilettes des filles ?


- Hey.


J'ai hurlé avant de reconnaître Sonia, dans l'embrasure de la porte.


- Tu sais que c'est mal d'aller dans les toilettes des filles quand on est un mec ?

- J'te croyais morte, tête d'anguille ! Imbécile ! Sadique ! Tu m'as fait super peur !


Elle a repris son air sérieux. J'ai pris le temps nécéssaire au retour du calme.


- Je sais. Je l'ai vu. Et je sais pas comment, mais j'ai réussi à me sauver le cul comme ça.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je crois que je peux échanger ma place avec celles d'autres trucs autour de moi. Regarde.


Elle a disparu et j'ai engueulé un café.


Je suis sorti en râlant. Elle m'attendait, assise sur la table.


- Alors ? Impressionnant, hein ?


J'ai soupiré un «ouais...» peu convaincant.


- En fait, je crois que c'est comme ça que je suis arrivée ici. Il devait y avoir un truc en commun entre ici et chez moi.

- Peut-être.


J'ai essayé de reprendre le contrôle de mes émotions. C'est pas évident, surtout depuis que j'ai cette espèce de pouvoir. Comme si c'étaient mes sentiments qui se matérialisaient et qui nourrissaient ce feu.
Comme si ce Fireal brûlait mes peurs...


- Il faut sortir d'ici.

- Ouais.


Inutile de demander où on irait.


- Au fait, qu'est-ce que tu lui as mis, au singe ! Je savais pas que t'étais aussi fort que ça !


Elle a vu le singe. Elle m'a vu me battre. Et ça l'étonne pas, elle non plus. J'imagine que quand on se téléporte pour aller aux chiottes, on n'est plus aussi terre-à-terre que quand on y va en marchant. Ou alors c'est l'effet du voyage en Jamaïque sans billet d'avion.


- Je suis pas fort. Je sais pas pourquoi, mais j'ai pas peur. C'est tout.

- T'as bien grandi, p'tit frère !

- C'est ça...


J'ai regardé par la fenêtre. J'ai toujours eu du mal avec les compliments, ça me met tout le temps mal à l'aise.


- Regarde-moi.


J'ai obéi.


-   On va s'en sortir, ok ? On va s'en sortir. J'suis certaine qu'on est pas les seuls à être ici et à avoir des pouvoirs. On va se rassembler et on va revenir dans notre monde.



Ca lui va bien, de dire ça. J'aurais bien aimé la voir en face du singe.



- Ecoute, soeurette. Je comprends rien à tout ce qui se passe ici. Je sais même pas si c'est réel. J'en ai vraiment marre de pas savoir, de pas comprendre. Alors ouais, on va y aller. Mais dis-toi bien qu'il y a peut-être aucun moyen de sortir de cette ville fantôme. Et que s'il y a bien d'autres gens ici, ils auront peut-être pas eu autant de chance que nous. J'aurais très bien pu mourir, tout à l'heure. Et ce sera la même à chaque fois. Si on comprend pas ce qui se passe, on sortira jamais d'ici.


J'ai pas eu le courage de lui dire que notre monde réel n'existait plus. J'étais trop lâche pour lui dire que c'était la fin du monde.


- Mouais. Joue au chef si tu veux, mais ça te va pas.


Je l'ai regardée droit dans les yeux et j'ai fermé ma grande gueule. Elle avait raison.


On est sortis de la cafet, on s'est enfoncés dans la brume.

Et advienne que pourra.



 

 

 

 




 

 

Par luust le Lundi 1er décembre 2008 à 21:20
"J'ai toujours rêvé d'une vie à base de révisions pour se mettre la pression, pression qui nous fera avoir nos exams, exams qui nous trouveront un boulot, boulot qui nous permettra de nourrir nos enfants, enfants à qui on repassera nos gènes et notre flambeau, qu'on s'efforcera d'aimer du mieux qu'on peut, même si c'est pas toujours facile d'aimer, hein ?"

...Je suis fan.

"Elle a disparu et j'ai engueulé un café."

...Bordel de merde, je suis fan.
T'as des petites phrases comme ça, qui font bondir les yeux. Sans déconner, ça me rappelle le coup de la pression et du verre, je me souviens plus exactement de la phrase, mais j'avais adoré. La forme aussi belle que le fond.
Et puis ton premier paragraphe, bah.. je sais pas trop comment dire, y'a beaucoup de gens qui essayent de résumer la vie en une phrase pour faire genre "on vit tous de la meme manière et ça passe trop vite" mais cette phrase là.. c'est comme si ça m'avait chatouillé la gorge en la lisant. Enfin bon, ça sert à rien d'expliquer, je m'en sors pas ^^

Sur ce j'arrete les compliments parce que tu vas encore croire que j'en fais des tonnes ou que je me fous de ta gueule.
(ah, les paranos...:) )

Vas faire piquer ton chien, et bonne saint valentin :)
Par FTASF2/Marswaffle le Mercredi 3 décembre 2008 à 15:54
Heu steack au début, steak à la fin? Pourquoi pas.
Merci luust. Tu as bien compris son fonctionnement! :D
Par contre... auteur... on commence à tourner en rond et c'est pas très mature... (J'ai pas lu la suite encore si ca explique un peu le point de vue)
Par FTASF2/Marswaffle le Mercredi 3 décembre 2008 à 15:55
Au fait le coup de la porte blanche aux marques rouges ca fait franchement plagiat de Kairo...
Par Vicomte le Lundi 10 janvier 2011 à 17:42
"ben alors je trouve ça plutôt logique de discuter avec mon instrument." Non y'a pas de faute - que j'aie trouvé -, mais je tenais à souligner que la phrase pouvait paraître équivoque quand on a été habitué à voir des doubles sens graveleux au moindre mot. CélafautàSalty.
Par http://www.nature-passion.fr le Mercredi 15 juin 2016 à 9:33
J'étais parti dans ce monde parallèle pour retrouver mes amis.
Par http://www.cse-cyclo-creusot.fr le Jeudi 11 août 2016 à 11:01
Dans le paratexe duquel il y a une vanne absolument improbable.
 

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